Françoise Lucbert retrace l'histoire des avant-gardes
Crédit photo : Laure Sabler
La professeure Françoise Lucbert consacre depuis de nombreuses années ses recherches à l’art moderne et aux avant-gardes européennes du début du XXe siècle. Au cœur de son parcours se dessine une attention particulière portée aux artistes, à leurs réseaux et à leurs écrits, une approche qui permet de faire émerger, au fil du temps, une histoire de l’art plus intime, nourrie par les voix mêmes de ses protagonistes.
Cette démarche trouve un aboutissement marquant dans la parution récente de son ouvrage consacré au peintre français Roger de La Fresnaye (1885-1925). Fruit de plusieurs années de recherche, ce livre donne accès à une correspondance inédite entre l’artiste et son ami Robert Lotiron (1886-1966). À travers ces lettres, c’est tout un pan de la vie artistique et intellectuelle du début du XXe siècle qui se dévoile, offrant un éclairage sensible sur les liens d’amitié, les échanges d’idées et les dynamiques propres aux avant-gardes. Publié à l’occasion du centenaire de la disparition de La Fresnaye, figure associée au cubisme et auteur de La Conquête de l’Air (1913), aujourd’hui conservé au Museum of Modern Art de New York, cet ouvrage s’inscrit comme une contribution majeure à la connaissance de l’artiste et de son milieu. Dans le prolongement de cette publication, Françoise Lucbert a accordé un entretien à l’historienne de l’art et journaliste culturelle Marie de La Fresnaye, également petite-nièce de l’artiste. Cet échange, diffusé dans 9 Lives Magazine et relayé par Fomo-Vox, permet de revenir sur les enjeux de ses recherches et sur sa manière d’aborder les sources, en particulier les écrits d’artistes, au cœur de sa pratique.
La professeure Lucbert a également contribué à un projet d’envergure internationale en participant au catalogue d’une exposition consacrée à la peintre belge Marthe Donas, au sculpteur ukrainien Alexander Archipenko et au groupe de la Section d’Or. Spécialiste de ces artistes, elle y apporte un éclairage essentiel sur leurs pratiques et sur les réseaux dans lesquels ils s’inscrivent. Présentée d’abord au Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, puis à la Moderne Galerie de Saarbrücken en Allemagne, cette exposition témoigne du rayonnement international de ses recherches.
Professeure à l’Université Laval depuis plusieurs années, Françoise Lucbert y enseigne l’histoire de l’art des XVIIIe-XXe siècles en Europe de l’Ouest. Entre publications et enseignement, elle poursuit un travail qui continue de faire dialoguer recherche académique et diffusion des savoirs.