Alex Gagnon lauréat de la bourse Banting 2019 en études littéraires
Alex Gagnon, postdoctorant en études littéraires

Alex Gagnon remporte une bourse Banting

17 mai 2019

Alex Gagnon, postdoctorant en études littéraires, a remporté le 16 mai 2019 une prestigieuse bourse nationale Banting pour la qualité exceptionnelle de ses travaux de recherche, réalisés sous la supervision de Guillaume Pinson.

Le lauréat décrit en ces termes son projet de recherche, intitulé «La ferroviarisation de la société canadienne-française au XIXe siècle. Une histoire culturelle du chemin de fer au Québec (1832-1914)»:

«En février 1832, la première compagnie ferroviaire canadienne-française est incorporée; entre 1836 et 1854, dix-huit autres entreprises obtiennent une charte autorisant l'exploitation d'un chemin de fer au Bas-Canada. De la Confédération à la Grande Guerre, le Canada entier voit ensuite se multiplier d'ambitieux projets ferroviaires, parfois utopiques. Connue dans ses aspects matériels, cette «ferroviarisation» n'a jamais fait l'objet, dans sa dimension culturelle, d'une étude d'envergure; c'est cette histoire culturelle du chemin de fer au Québec que j'entamerai, pour mettre en lumière un pan majeur mais encore inexploré de l'histoire et de la société québécoises. Porteur de rêves, symbole de progrès, le train qui surgit dans la vie des populations du XIXe siècle exige un effort d'assimilation de réalités inédites, transformant durablement leur rapport au monde. Peut-on retracer, entre 1832 et 1914, ce processus d'assimilation du train au Québec? Pour saisir ce phénomène global, je propose d'étudier l'ensemble des pratiques, des discours et des représentations que suscite le chemin de fer, en suivant trois grands axes: le premier invite à explorer les rapports étroits entre le train, qui ouvre à la colonisation de nouveaux espaces, et l'évolution de la conscience nationale canadienne-française; le deuxième concerne les modifications durables que le chemin de fer fait subir aux pratiques sociales (voyage, loisirs, etc.), culturelles (écriture littéraire et lecture, etc.) et médiatiques (journalisme, reportage, etc.); le troisième, enfin, touche les transformations profondes des rapports à l'espace et au temps que provoque le chemin de fer. En un mot, il s'agit de retracer le processus par lequel le train s'impose dans l'imaginaire social du XIXe siècle québécois, c'est-à-dire dans l'ensemble des représentations et des interprétations du monde que les membres d'une collectivité produisent pour assimiler leur réalité et lui donner sens.»

Cette distinction s'ajoute à une déjà impressionnante liste de prix obtenus par le chercheur pour ses ouvrages «La communauté du dehors. Imaginaire social et crimes célèbres au Québec (XIXe-XXe siècles)» (Presses de l'Université de Montréal, 2016) et «Nouvelles obscurités. Lectures du contemporain» (Del Busso éditeur, 2016).